Les échecs sont l’exception. Arlequin, à la Comédie-Italienne, faisait son entrée par cette fausse coulisse, où se trouvaient les loges de la direction et des acteurs. Vous nâêtes pas autorisé à lire ce forum. Résumé de « À quoi sert la sociologie ? « Les animaux pourraient déplorer tout autant de ne pas avoir été créés hommes que les damnés pourraient se lamenter que leur peccabilité ait été fixée par la prédestination (le calvinisme le déclare expressément). 12,99€, Accès immédiat à la version électronique (HTML et PDF) La sociologie sert parce que les sociétés modernes ont besoin de se connaître. 17De surcroît, la multiplicité des sectes a fait qu’aux États-Unis une grande tolérance s’est développée à l’égard des « croyances dogmatiques ». Résumé . Je me suis regardé dans le miroir pour voir à quoi je ressemblais. Ils n’ont pas seulement affirmé la vocation scientifique de la sociologie ; plusieurs d’entre eux ont aussi voulu la souligner de façon ostentatoire. Pourquoi les Français du XVIIIe siècle ne jurent-ils que par la Raison avec un grand R, mais non les Anglais ? Cette dimension critique est plus ou moins visible selon les sujets et les conjonctures. » Quant aux croyances magiques, elles ne sont autres que les recettes que le « primitif » tire de la « biologie » qu’il construit à partir des doctrines religieuses en vigueur dans sa société. Nature; Pratique; Bloc5. Cet exemple illustre une leçon de méthode essentielle : même les différences « culturelles » entre nations doivent s’expliquer par le sens qu’elles ont dans l’esprit des individus. A quoi sert le réexamen des décisions pénales après condamnation à Strasbourg? 55J’ajouterai que, si les types de sociologie que j’ai distingués, du cognitif au critique et au caméraliste en passant par l’expressif, persistent depuis les origines des sciences sociales jusqu’à nos jours, quoique en des proportions variables, tous ont leur légitimité et leur intérêt, l’objectif cognitif étant toutefois le plus « naturel », pour la sociologie comme pour toute discipline s’affichant comme scientifique. 38Ces croyances s’expliquent exactement de la même façon que les croyances des primitifs, par le fait qu’elles font sens pour nous ; en d’autres termes, que nous avons des raisons d’y adhérer. L’une et l’autre sont faites des mêmes éléments essentiels (...). 14Ainsi, Tocqueville s’interroge dans L’Ancien Régime sur le contraste saisissant entre la France et l’Angleterre du XVIIIe siècle, s’agissant du développement de l’agriculture. Elle est renforcée dans une situation où les sectes sont multiples. Il ne lui avait certainement pas échappé que Montesquieu avait pratiqué le comparatisme avant lui. Et, bien sûr, pourquoi l’Angleterre a-t-elle pu faire l’économie d’une révolution à une époque où la modernisation de la France s’effectue dans les convulsions ? Leurs membres croient qu’un système social ne peut fonctionner que sous le contrôle d’une autorité centrale légitime ; que celle-ci doit être mue par des règles impersonnelles ; ils adhèrent à une vision fonctionnelle et hiérarchisée de la société ; ils pensent que cette hiérarchisation doit être fondée, comme c’est effectivement le cas dans l’État romain ou prussien, sur des compétences déterminées à partir de procédures formalisées. 26C’est parce qu’elle a une force logique intrinsèque, si l’on peut dire, que cette troisième solution apparaît, à l’instar des deux autres, non seulement comme une composante du calvinisme et de beaucoup des mouvements religieux qu’il a inspirés, mais comme un élément latent dans beaucoup d’autres. La conduite de la vie quotidienne, mais aussi la production agricole, la pêche ou l’élevage supposent toutes sortes de savoir-faire. Distribution électronique Cairn.info pour Presses Universitaires de France © Presses Universitaires de France. It is filled with translated abstracts and articles from key French-language journals. Car il vise non à proposer un nouveau récit de la Révolution française, mais à expliquer toute une série de différences entre la France et l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle. La réponse à ces questions est – à l’évidence – tout sauf évidente. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2004.) 9J’illustrerai le genre cognitif à partir d’échantillons empruntés à trois des pionniers que je viens de mentionner [5]. Moderniser ses domaines est pour lui une bonne stratégie : elle peut lui attirer une reconnaissance et une popularité éventuellement convertibles en influence politique. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la réalisation d'un mémoire universitaire est une expérience éprouvante. » et qu’elle tente d’apporter à ces questions des réponses obéissant à une méthodologie qui est celle de toute discipline scientifique. en livraison rapide, et aussi des extraits et des avis et critiques du livre, ainsi qu'un résumé. Voir son précédent article : « En attendant la crise. 3Pour répondre à cette question, il est commode de partir d’un ouvrage de l’historien allemand de la sociologie W. Lepenies [3]. Et pour quoi en fait-on? Comme Weber l’a bien vu, il faut choisir entre une conception individualiste scientifique de l’explication sociologique et une conception non individualiste métaphysique. Le dualisme manichéen, la doctrine de la transmigration des âmes et la théorie de la prédestination représentent les trois solutions principales que les religions historiques proposent de l’imperfection du monde. Dès 1883 (Introduction aux sciences de lâesprit), le philosophe et sociologue allemand Wilhelm Dilthey distingue les sciences de la nature et les sciences de lâesprit âon dirait aujourdâhui les sciences humaines et sociales. Ces doctrines jouent donc dans les sociétés traditionnelles le rôle de la science dans nos propres sociétés, au sens où elles représentent le corpus de savoir légitime : « Le grand service que les religions ont rendu à la pensée est d’avoir construit une première représentation de ce que pouvaient être ces rapports de parenté entre les choses (...) entre la logique de la pensée religieuse et la logique de la pensée scientifique, il n’y a pas un abîme. La critique sévère et définitive que Weber en a proposée est en revanche peu connue, même des étudiants de sociologie, car elle est complexe et « inutile », au sens où elle ne légitime aucune idéologie en particulier. Recherchez parmi les 37 026 catalogues et brochures techniques disponibles sur NauticExpo. De même, la théorie du bouc émissaire est facilement mobilisée pour expliquer toutes sortes de phénomènes, dont l’antisémitisme : peu importe qu’elle soit inacceptable ; elle est simple et « utile » [12]. Veillez à ce que la personne interrogée comprenne en quoi elle va pouvoir apporter quelque chose à votre travail. Or l’Australien ne procède pas autrement quand il attribue l’insuccès d’un Intichiuma à quelque maléfice... » Exactement comme les hommes de science, nous dit Durkheim, les magiciens imaginent sans difficulté des hypothèses auxiliaires pour expliquer pourquoi leur théorie a échoué : les rituels n’ont pas été accomplis comme il le fallait ; les dieux étaient de mauvaise humeur ce jour-là ; des facteurs non identifiés ont perturbé l’expérience, etc. La question est tout à la fois naïve et provocatrice. 21Pourquoi, dans la Rome antique ou dans la Prusse moderne, les fonctionnaires, les militaires et les politiques sont-ils attirés par les cultes qui, comme le mithraïsme ou la franc-maçonnerie, proposent une vision désincarnée de la transcendance, la voient comme soumise à des règles qui la dépassent et conçoivent la communauté des fidèles comme hiérarchisée sous l’effet de rituels initiatiques ? Au contraire, le public préfère les productions sociologiques relevant du type expressif ou critique ou les « grandes » théories à base de ces « concepts collectifs » qui hérissaient tant Weber. 1 - Et si le droit d'amendement nuisait à la délibération parlementaire. La question est tout à la fois naïve et provocatrice. 40Il serait tout aussi facile de donner des exemples empruntés à la sociologie moderne. Létat des lieux établ⦠S’agissant des sciences humaines, chacun a facilement l’impression de pouvoir juger de la validité d’une théorie : il suffit, pour qu’on la ressente comme vraie ou comme fausse, qu’elle évoque des observations familières ou qu’elle provoque une sympathie ou une antipathie immédiate, pour des raisons affectives, idéologiques ou politiques. Dans les années soixante-dix, les publications, du fait du « statut incertain de lâobservation dans la sociologie française [31] », nâavaient pas changé les façons de voir en sociologie du travail. Aujourd’hui, d’autres sociologues sont parvenus à se tailler un certain succès en déclinant une fois de plus les thèmes inusables de l’ « intellectualisme prolétaroïde » (pour reprendre l’expression de Max Weber) : dénonciation du pharisaïsme des « dominants » ou de la misère du monde. 35De surcroît, la réalité peut confirmer des croyances fausses. 37En fait, suggère Durkheim, ces croyances magiques sont des conjectures que le « primitif » forge à partir du savoir qu’il considère légitime, exactement comme nous adhérons nous-mêmes, à partir du savoir qui est le nôtre, à toutes sortes de relations causales dont les unes sont fondées, mais dont les autres sont tout aussi fragiles ou illusoires que celles des « primitifs ». Marivaudage: Jeu galant avec les mots qui est à la fois le symptôme du désir et de l'hésitation à se compromettre du personnage marivaldien. 2Il est vrai que la sociologie connaît des hauts et des bas, qu’elle donne l’impression à la fois d’être et de ne pas être une science comme les autres. Si la sociologie classique adopte surtout un objectif de nature cognitive et si les genres expressif et caméraliste sont alors relativement secondaires, des rééquilibrages se sont produits ensuite, pour des raisons qui tiennent d’abord à l’augmentation de la demande publique et privée de données sociales, laquelle a contribué à gonfler l’offre sociologique de type caméraliste. Mais, comme le développement de la science a frappé d’une obsolescence définitive un certain nombre de ces croyances, quand nous constatons que quelqu’un continue d’y souscrire, nous avons tendance à le considérer comme irrationnel. Français. Théorie, culture et société « J'avais découvert le rapport entre les comportements et un système d'organisation. Ces données ont en effet pour eux un intérêt non seulement pratique, mais rhétorique : on ne conçoit plus aujourd’hui un combat ou un débat politique qui ne s’appuie sur des chiffres et des données sociales. » R. Aron. Ou, pour le dire autrement, à quoi ne doit-elle surtout pas servir ? Tant que le monde est conçu comme régi par des dieux en compétition ou en conflit les uns avec les autres, l’explication des imperfections du monde ne fait guère difficulté. Ce type de mécanisme explique par exemple que la presse « éclairée » ait attendu des années, voire des décennies, avant de révéler au lecteur français l’existence de K. Popper ou de J. Rawls : le critère de falsification du premier était trop « simple » ; les courbes d’indifférence du second étaient par contre trop « techniques » ; surtout, ils n’étaient pas en harmonie avec la sensibilité des années 1960-1990 : ils n’étaient pas suffisamment bien-pensants. Lâouvrage Sâengager dans un atelier-théâtre étudie des pratiques de théâtre-action en Belgique francophone. 19Si l’on résume le programme de Tocqueville, tel qu’on peut le reconstruire à partir de ses analyses, il se définit par les principes suivants : 1 / l’objectif de la sociologie est d’expliquer des phénomènes opaques pour l’esprit ; 2 / expliquer un phénomène, c’est, en sociologie comme dans toute discipline scientifique, en retrouver les causes ; 3 / les causes des phénomènes sociaux sont à rechercher du côté des attitudes, des choix et des représentations des individus ; 4 / les attitudes, les choix et les représentations des individus sont par principe compréhensibles : leur sens pour l’individu en est la cause ; 5 / étant entendu que les attitudes, les choix et les représentations des individus ne sont compréhensibles que si l’on tient compte du contexte auquel appartient l’individu. La sociologie doit-elle nécessairement servir à quelque chose ? Cette thématique de la cohésion sociale s’est imposée, depuis une quinzaine d’années, avec la même force que celle de l’intégration lorsque les sociologues avaient voulu introduire l’idée de société en lieu et place de celle de communauté quand la disparition de celle-ci était devenue évidente, avec l’avènement de l’industrie, à la fin du xixe siècle.