Par contraste, l’épître personnelle, cultivée à la même époque mais dans un style le plus souvent simple, sur un modèle d’interlocution apparemment référentiel et sans s’adosser à un intertexte antique, s’épanouit rarement en dehors du contexte limité des manuscrits d’auteur. Leurs impuissances, que le destinataire (La Rocque et/ou le roi) est censé compenser, sont donc bien différenciées. « L’espée Sainct Pol » apparaît en outre en registre militaire, dans l’Epistre du Camp d’Attigny à ma Dicte Dame d’Alençon (dans L’Adolescence clémentine, OP1, p. 78-82, v. 97). Jean-Charles Monferran, Genève, Droz, 2008, p. 299-361 : le passage auquel nous faisons référence se trouve p. 345. « Les Epistres veneriennes de Michel d’Amboise : une transformation de l’épître marotique. ... Marot fit des ballades, des rondeaux, des épigrammes, des épîtres, des élégies, des églogues et traduisit même quelques psaumes de David. 15 Cette description commence au vers 15 (« Or est ainsi… ») et se termine au vers 135 (« Bien écrirais encores autre chose »). L’ethos auctorial supporte d’un regard plus bienveillant la requête de Bourgeon, jeune aspirant médiocre au sens moral (puisqu’il ne demande que selon son besoin)15. » Le génie de la langue française, autour de Marot et La Fontaine. Les titres des poèmes incluent, outre cette indication générique, le nom du destinataire (« Pierre de Provence », « Monsieur Bouchart », le « seigneur de la Roque »), son statut civil (la « Demoiselle négligente » est par exemple une jeune femme célibataire), sa fonction (« Docteur en théologie ») ou son titre de noblesse (la « duchesse d’Alençon », le « roi »). 20 Mary McKinley, « Marot, Marguerite de Navarre et “L’Epistre du Despourveu” ». Services . La Roque peut et doit donc « eschine[r] » Désespoir (v. 30), vœu présenté avec humour par Bourgeon. Dans la seconde épître, la folie et les enfers altérants de la guerre et de l’amour (vénérien) s’avèrent même indissociables. la présence de la pelade honteuse dans l’épître Aux Dames de Paris, qui ne voulloient prendre les precedentes excuses en payement, également satirique (Suite de l’Adolescence clémentine, OP1, p. 287) : « Qu’attendez vous ? 4 « Item, il est assauoir que en lettres, missiues et presque en toutes, l’en faict touiours demande ; et, pour iustement demander, il est requis de demonstrer sa petition estre iuste ; secondement, estre possible a celuy a qui on demande en luy exposant la possibilité ; tiercement, assigner, la remuneration » : ces étapes de l’épître de requête sont implicites ou explicites selon la situation, selon Pierre Fabri, Le Grand et vray art de pleine rhetorique [1521], Genève, Slatkine Reprints, 1972, p. 203. 10Si pour obtenir une monture Bourgeon doit lourdement alléguer sa claudication, la plaisanterie sur cette mauvaise posture du locuteur atteint son comble au centre de l’épître : « Ou il faudra (la chose est toute seure) / Que voise à pied, ou bien que je demeure » (v. 15-16). Rosenthal, Olivia. Églogue de Marot au Roy soulz les noms de Pan et Robin. Une observation attentive des onze épîtres de L’Adolescence clémentine nous apprend que Marot fait non seulement usage de cette division en cinq parties, mais encore qu’il l’adapte avec finesse en fonction du résultat désiré14. Il convient dès lors d’interroger l’enchaînement des épîtres de la section afin de déterminer dans quelle direction celle-ci semble progresser19. » Paris : Champion, 1994. Le lycée Clément MAROT ouvrira ses portes en ligne le samedi 06 février 2021 de 9 h à 12 h pour découvrir les formations Post-Bac : BTS et CPGE . Clement Marot (1496-1544) fut vraiment, en un sens, le premier des poetes francais, rompant avec le style artificiel, convenu et pesant des "Rhetoriqueurs". Gardons-nous donc de prendre au sérieux « l’effet de réel » que le caractère pseudo-référentiel et l’énonciation personnelle de l’épître familière tendent à produire : Marot nous avertit ici que les épîtres de L’Adolescence clémentine doivent être lues pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire des narrations poétiques enveloppant le réel d’un tissu fabuleux. 1 Jean Lemaire, Le Temple d’honneur et de vertus, [Paris, A. Vérard, 1504], f. A4 r°-v° : « À son amy le Maire Cretin mande / salut assez pour comblë une mande ». » Clément Marot « Prince des poëtes françois » 1496-1996. Premier poète à rassembler des épîtres non-héroïdes en série, Marot unifie le genre en le dotant de repères péritextuels stables. Cette série se trouvant placée juste après les traductions et les poèmes de forme longue qui inaugurent le volume de L’Adolescence clémentine, l’épître constitue le premier genre à être mis en vedette dans l’économie du recueil, au détriment des formes mieux établies ou plus prestigieuses du rondeau, de la ballade et du chant royal. 32 Pour de plus amples développements sur la simplicité complexe de la poétique marotique, voir C. Noirot-Maguire, « Entre deux airs » style simple et ethos poétique chez Clément Marot et Joachim Du Bellay, Laval, Presses Universitaires de Laval, 2011. Clément vante à bon droit cet émondage productif dans l’épître À un sien amy : De l’entre-deux seroit tousjours content.Car cestuy là qui hault ne bas ne volleVa seurement, & jamais ne s’affolle.34. Particularités de l'exemplaire : … 28 Érasme définit la lettre par une souplesse fondamentale, laquelle autorise toutes les variétés de style et trouve à s’incarner particulièrement dans le genre familier. les « vrais » Gaulois de la ballade IX de L’Adolescence clémentine : De l’Arrivée de Monsieur d’Alençon en Haynaut (OP1, p. 120-121), qui fondront sans problème sur ces grossiers gens du nord, lesquels en ont après nos vins, eux qui n’ont que leurs piteuses bières…. Mail Anamorphoses d’un champ métaphorique de saint Augustin à Jean Racine. 6, 17, passage sur le combat spirituel, l’armure de l’amour de Dieu contre les esprits du mal. 11Sur le plan éditorial tout d’abord, Marot fixe un dispositif paratextuel aisément reconnaissable. revue 2018). […] » (Art poétique français, publié parmi les Traités de poétique et de rhétorique de la Renaissance, Éd. L’épître « touchant l’armée du roi en Hainaut » clôt de plus l’ensemble disparate formé par les quatre premières épîtres de la section, qui s’achève ensuite sur des poèmes décasyllabiques à rimes suivies. Cela ne signifie pas que le poète n’ait pas procédé à quelques remaniements visant à créer une impression de progrès, à mettre en scène l’évolution de sa pratique épistolaire au cours de la décennie précédant la première publication de L’Adolescence clémentine. Précurseur de la Pléiade, il est le poète officiel de la cour de François Iᵉʳ. Clément Marot (1496-1544) fut vraiment, en un sens, le premier des poètes français, rompant avec le style artificiel, convenu et pesant des "Rhétoriqueurs". Depuis les auteurs d’art poétique publiés au milieu du siècle4 jusqu’aux plus récents critiques5, nombreux sont les lecteurs de Marot à avoir distingué les épîtres parmi les pièces les plus caractéristiques de sa manière poétique et le genre épistolaire comme l’un des plus aptes à exprimer son ingenium d’auteur. Celles-ci ont pour objectif de sauver la réputation du poète et discréditer ainsi ses « ennemis » ; l’épître à Dolet en est la preuve : Brandissant l’étendard de « l’honneur … Marc Fumaroli, La Diplomatie de l’esprit, de Montaigne à La Fontaine, Paris, Gallimard, 1994, p. 164. C’est ce que montrent les vers 135 et 136 de l’épître « du camp d’Attigny », second poème à exploiter cette image38. Elles introduisent cependant une imagerie générative. épîtres, épitaphes). Lorsque son père, poète lui-même et membre du groupe desrhétoriqueurs, devint escripvain d'Anne de Bretagne, il … Vaillancourt, Luc. 9Enfin, les onze épîtres de la série accomplissent des actes de langage variés, correspondant aux différentes catégories répertoriées par la rhétorique épistolaire. 9 Pour un examen plus général des pièces de sollicitation, voir O. Rosenthal, « Clément Marot : une poétique de la requête », dans G. Defaux (dir. Voir la notice dans le catalogue OpenEdition, Plan du site – Commandes – Mentions légales et Crédits – Contact – Flux de syndication, Nous adhérons à OpenEdition Journals – Édité avec Lodel – Accès réservé, Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search, Identité et altérité dans la littérature de l’espace euro-méditerranéen, Écritures minoritaires de la mémoire dans les Amériques, L’imaginaire des grands espaces américains, La guerre future : lectures francophones et hispanophones aux XIXe et XXe siècles, Le « trans- » et la fiction hispano-américaine contemporaine, La Méditerranée au pluriel. Ces requêtes de « Bourgeon » et « Raisin », à lire en diptyque, traitent d’humeurs Clément Marot - Petite épître au roi. Celui qui a nom « Raisin » devrait en effet être le plus vigoureux, le plus viril ; or il n’en est rien. Navigate; Linked Data; Dashboard; Tools / Extras; Stats; Share . Actes du colloque international de Cahors en Quercy, 1996, Paris, Champion, 1997, p. 283-300. 27 Cymetiere XI (non publié), OP2, p. 396 : « Cy gist Martin, qui pour saouller Alix, / Tant culleta qu’il en perdit la vie : […] / Il esgouta toute son eau de vie ». Raisin, selon une symétrie ironique que l’on va bientôt développer, insiste quant à lui sur l’« ennuy » empathique que doit sentir son ami à entendre le récit de ses mortels déboires. 15 Cf. FR : Les épîtres VIII et IX de L’Adolescence clémentine de Clément Marot (1532) allient figuration symbolique et requête distanciée à travers des équivoques croisées. […] La fiction est une histoire inventée, mais qui aurait pu arriver. 22 « Tout en ayant l’air d’utiliser un langage presque populaire, il diffère radicalement du populaire », disait Denys d’Halicarnasse de Lysias, modèle du style mince ou iskhnos (Denys d’Halicarnasse, Les Orateurs antiques, cité par J. Lecointe, L’Idéal et la différence : la perception de la personnalité littéraire à la Renaissance, Genève, Droz, 1993, p. 395) ; ceci distingue l’orateur mince des sophistes qui paraissent habiles sans l’être. Jean 15, 1-2 également. L’épître à la « Demoiselle négligente de venir voir ses amis » est quant à elle entièrement déterminée par le souhait des locuteurs de voir leur amie revenir parmi eux. Les Epitres Bien que marqué par l'héritage médiéval, Clément Marot est un des premiers poètes français modernes. Gérard Defaux, Paris, Bordas, « Classiques Garnier », t. I : 1990 et t. II : 1993 (dorénavant OP1 et OP2), p. 88-89. 1 C. Marot, L’Adolescence clémentine, Épîtres VIII et IX, Epistre pour le Capitaine Bourgeon. Gérard Defaux et Michel Simonin. chansons, épîtres, complaintes, chants divers et autres pièces en vers. Le poète ne saurait se couper de cette vitalité essentielle de la terre et de ses humeurs, de l’humble transformé en paradigme fécond – d’ailleurs humus, humor, et homo étaient associés selon la même racine étymologique, à l’époque de Marot. Les deux poèmes suivants sont attribués au capitaine Bourgeon et au capitaine Raisin, deux locuteurs de fiction que le poète ne se préoccupe pas de rendre crédibles. Lake Prescott, « The Wrath of Priapus : Remy Belleau’s “Jean qui ne peult” and its Traditions », dans Comparative Literature Studies, vol. Corinne Noirot, « Marot en ses épîtres de “Bourgeon” et “Raisin” ou l’équivoque régénérée », Revue italienne d’études françaises [En ligne], 1 | 2011, mis en ligne le 15 décembre 2011, consulté le 10 février 2021. Épîtres. Peut-être aussi une sorte d’incompréhension post-mallarméenne censure-t-elle la lecture, nie péremptoirement la possibilité de l’équivoque, perçue comme indigne d’un grand poète22. » Clément Marot « Prince des poëtes françois » 1496-1996. Éd. Ainsi taillée pour ouvrir de nouvelles voies poétiques, la section se déroule selon un double mouvement de déconstruction des codes épistolaires traditionnels et de reconstruction d’un modèle inspiré des nouvelles tendances de l’épistolographie humaniste. Cette esthétique nouvelle se rattache manifestement à la réflexion rhétorique des humanistes, lesquels défendent alors un idéal de « naturel » qui finira par imposer la lettre familière comme modèle incontournable du discours épistolaire28. Ces détails rappellent l’importance de la salutation dans la rhétorique épistolaire : première partie de la lettre, elle sert à établir la nature exacte des relations liant l’expéditeur au destinataire (est-il supérieur, inférieur ou égal à l’épistolier ?) Cliquez pour rejoindre nos réunions en visios ! Un paradoxe donne le ton, et identifie le style bas marotique : « À vous me plaings par cet escript legier » (v. 88)11 ; ainsi Bourgeon sollicite-t-il un cheval dans la première épître. Frank, Clément Marot, de l’Adolescence à l’Enfer, éditions Paradigme, Orléans, 2006, 186 p. La Religion de Marot, Paris, Nizet, 1973, 188 p. Mayer C-A, Clément Marot et autres études sur la littérature française de la Renaissance, Paris, Champion, 1993, 394 p. Florian, Clément Marot et les métamorphoses de l’auteur à l’aube de la Éd. Les épîtres de Marot / Joseph Vianey: Publié : Paris : Société française d'éditions littéraires et techniques, 1935: Description matérielle : ... Marot > Clément > 1496-1544 > Critique et interprétation. de W. S. Woods, Columbia, University of South Carolina Press, 1950). 6Nos épîtres fonctionnent donc à l’évidence comme un diptyque et révèlent à la lecture une symétrie de structure, reposant sur le contraste de ton et de personae et la cohésion figurative. Berkeley-Los Angeles-Londres : University of California Press, 1983. p. 331-355. Les équivoques de Marot charmeront en faisant sourire ; une dernière fois elles diront le “bien”, mais celui de la rime seulement, par une anti-laudatio qui demande une lecture distante  ou complice » (Ibid., p. 337). Plus qu’une coïncidence, le parti-pris de l’épître personnelle esquissé dans L’Adolescence clémentine de 1532 et réaffirmé dans Les Œuvres manifesterait ainsi la convergence féconde d’une forme poétique et d’une voix de poète s’affermissant mutuellement. Au tout début du poème, le locuteur déclare : « Et m’attends bien, qu’en maint lieu, où iras / À mes amis cette épître liras. 24 Cotgrave paraphrase « Faire la poule » par To play the coward. Particularités de l'exemplaire : Bib. Gérard Defaux et Michel Simonin, Paris, Champion, 1997, p.283-298 (un article très L’équivoque revêt dans ce diptyque en formes d’épîtres une double fonction facétieuse et symbolique, apte à déjouer les formes de dégénération, de déperdition d’énergie vitale (plainte, défaveur, guerre et amours vénales). 12 Cf. Poème Suivant >> Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012. Il n’y a dans la requête de Bourgeon qu’une demande gracieuse et concrète facilitée par la facétie, alors que le pathétique de la persona de Raisin empêche la persuasion par l’humour ou le ton héroï-comique. Malgré la protection de Marguerite de Navarre, sœur du roi de France François Ier, ses sympathies marquées pour la Réforme et pour Martin Luther lui valent cependant la prison, puis l'exil en Suisse et en Italie. Dans l’édition princeps, ces poèmes suivent la célèbre Petite epistre au Roy, qui met en scène par la fable un rapport de service mutuel3. L’efficacité du « discours habile sans le paraître » est en effet vantée par Hermogène de Tarse dans L’Art rhétorique, tr. 5 Ledit La Rocque est vraisemblablement Je(h)an-François de La Ro(c)que de Robertval, noble de cour issu d’une grande famille languedocienne (picarde par sa mère) attachée aux Valois (voir « La Rocque de Roberval, Jean-François de », dans Dictionary of Canadian Biography Online, Université de Toronto-Université Laval, vol. Du meilleur genre d’orateurs, tr. Notons au passage que le compte rendu du poète est déclenché par une précision spatiale (« En ce lieu où nous sommes », v. 17) rappelant le principe fondateur de la correspondance, c’est-à-dire l’éloignement des interlocuteurs, et soulignant sa visée de rapprochement : à travers la narratio, le poète cherche à donner à Marguerite d’Alençon l’impression d’être présente avec lui dans le camp d’Attigny16. 17Si l’on examine ces poèmes par rapport au contexte générique dans lequel ils s’inscrivent, un tel phénomène devient à la fois plus visible et plus précis, Marot semblant en effet chercher à déconstruire les codes épistolaires traditionnels pour proposer à la place un modèle essentiellement familier. 5La proximité de ces épîtres avec une série sur la guerre invite en outre à une lecture plus politique et anti-belliciste, d’autant que la complainte qui suit, dans l’édition princeps, évoque la mort fatale du baron de Malleville « qui fust tué des Turcs à Bahrut »(OP1, p. 95). Les épîtres écrites depuis le camp d’Attigny présentent deux versions antithétiques d’un même témoignage : la première est narrée d’un point de vue officiel et ironique, qui dévoile la violence désordonnée des troupes françaises sous couvert d’en célébrer l’esprit martial. C’est pourquoi ceux qui l’entendent, si incapables qu’ils soient eux-mêmes de parler [infantes], se figurent néanmoins qu’ils peuvent le faire de cette façon-là. 36 Nous nous appuyons ici sur l’analyse de Mireille Huchon qui démontre, contre l’interprétation autobiographique de la dispositio de L’Adolescence clémentine défendue par Gérard Defaux, que la redistribution des poèmes « carcéraux » de 1534 dans l’édition des Œuvres de 1538 correspond à un abandon de la fiction narrative au profit du genre. 14 C’est le contraire d’Enghien qui semble promis à porter fruit selon l’Epistre envoyée par Clement Marot à Monsieur D’Anguyen, Lieutenant pour le Roy de là les Montz (OP2, p. 707-709) datant de 1544. C’est là une nouvelle fonction de l’équivoque, au second degré, distanciée de l’ornement laudatif ou sublimant8. Voir Barthélemy Aneau, Le Quintil Horatian publié dans Joachim Du Bellay, La Deffence, et Illustration de la langue françoyse, éd. Le Dictionnaire universel de Furetière signale « se boucher les yeux » (« ne vouloir pas voir, ou faire semblant de ne pas voir, dissimuler quelque chose ») et « se boucher les oreilles » (« ne vouloir pas écouter les plaintes, les remontrances »). Marot, Clément. Les poètes tendent à l’abandonner à mesure que le genre s’affermit. 22Porté par ces textes jalons, le double mouvement de déconstruction et de reconstruction sur lequel repose la section épistolaire de L’Adolescence clémentine est rendu sensible par l’enchaînement saisissant des deux épîtres du Camp d’Attigny. L’Adolescence clémentine de Clément Marot fait événement à plus d’un titre. Si L’Adolescence clémentine promeut l’idée d’un service humble et familier, cette position se formule de manière singulière dans le diptyque de L’Epistre pour le Capitaine Bourgeon. Quant à la première série véritable d’épîtres personnelles, elle a été diffusée de manière posthume, dans le recueil des Chantz royaulx, oraisons et aultres petitz traictez, publié en 1527 par François Charbonnier pour rendre hommage à son maître Guillaume Cretin2. Son père, Bernard de la Roque dit « Couillaud » (sobriquet qui désignait un caractère gai), fut ambassadeur de François Ier auprès du Sultan après avoir servi la reine Anne de Bretagne (comme le fit le père de Marot). Fontenay Saint-Cloud : ENS éditions, 1997. p. 53-71. Il est marchand, mais est renvoyé de l’association à laquelle il appartient. Les épîtres de Marot / Joseph Vianey: Publié : Paris : Société française d'éditions littéraires et techniques, 1935: Description matérielle : ... Marot > Clément > 1496-1544 > Critique et interprétation. 57, n° 4, 2003, p. 463-474. Littératures plurielles est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International. Vidé de sa liqueur tel l’amant d’Alix27, il est littéralement en train de tourner au vinaigre (« l’aigreur » l’habite, v. 68), alors même qu’il est interdit d’ablutions vineuses. N’oublions pas en effet que l’idée de maturation est inscrite au cœur même du programme déterminé par le titre et l’appareil liminaire du recueil18. Éd. *FREE* shipping on qualifying offers. Chacune des quatre épîtres introductives comprend des éléments qui la singularisent et la font ressortir sur la page imprimée : l’épître de Maguelonne est précédée d’une suscription7 et suivie d’un rondeau. Bien que marqué par l'héritage médiéval, Clément Marot est un des premiers poètes français modernes. 11 Dans les deux recueils que Michel d’Amboise publie antérieurement à L’Adolescence clémentine, les textes épistolaires, qu’ils soient en vers ou en prose, sont indistinctement désignés comme des « epistres » ou des « lettres ». L’épître « du camp d’Attigny » est précédée d’une suscription, et l’épître « touchant l’armée du Roi en Hainaut » est en prose. Certains traits caractéristiques de la poésie de Marot résultent de la tension entre sa situation de poète pensionné, soumis aux contraintes inhérentes à son statut, et sa volonté de faire entendre la voix d'une conscience gagnée aux idéaux erasmiens ou evangeliques et convaincue du pouvoir de la poésie. His father, Jean, was a poet and held a post at the court of Anne de Bretagne and later served Francis I. Fabula est in qua nec verae nec veri similes res continentur […]. L’Intention du poète. Le contexte formel dans lequel s’inscrit la chronique de Marot ne lui permet guère de s’exprimer librement : aussi ne condamne-t-il la guerre que par le biais de l’ironie, sans divulguer le fond de sa pensée, enclose dans le double sens de son compte rendu.