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La marmite, ça bout toujours par le bas ! Le sens de ce proverbe irlandais, tel qu’il m’a été expliqué par un élu breton, est que la modification de la société vient des individus.

 

En réunion sur des présentations d’opérations écologiquement intéressantes, le représentant de la Communauté de Communes du Mené, en Bretagne, présentait ses actions locales avec un slogan : Devenir un territoire à énergie positive, c’est-à-dire produire localement toute l’énergie dont elle a besoin, à l’horizon de 2025.

 

Notons pour commencer l’originalité de la gouvernance de cette collectivité (7 communes) dont la plus grosse, Saint Gilles du Mené, est dirigée par un prêtre, sociologue et professeur à l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA). Comme beaucoup de communes rurales, en Bretagne ou ailleurs, l’activité économique est en pleine déprise et ne tient que par l’activité de l’abattoir, propriété de l’emblématique Edouard Leclercq. Les élus, aux prises avec des déchets plutôt encombrants, décident d’aller visiter des installations de méthanisation en Allemagne et au Danemark, deux pays qui possèdent depuis longtemps des installations de ce type, encore considérées comme innovantes chez nous !

 

Mais produire de l’électricité à partir du lisier n’était pas suffisant et les élus, dont un renouvellement important s’était opéré aux élections de 2001, se sont orientés sur des projets dans le cadre d’une association « Mené, initiatives rurales ». Se lançant dans une vraie et dynamique bataille contre la précarité énergétique dont souffraient de nombreux ménages, ils repartent en visite à Güssing, ville autonome énergétiquement d’Autriche.

 

Quelle conclusion tirer de cette dynamique locale ? La méthanisation fonctionne depuis 2011 produisant du gaz pour l’usine électrique alimentant 4 000 foyers et produisant un terreau de qualité pour l’agriculture. La précarité énergétique des ménages a fortement diminué. Une CUMA de 50 agriculteurs a été montée pour la mise en œuvre d’un projet de productions d’huiles végétales pour tracteurs. Une pépinière d’entreprise « Basse Consommation » a été créée par la collectivité et accueille des entreprises travaillant dans le domaine de l’Energie. Enfin, 137 ménages se sont regroupés en club « Cigales » pour des projets éoliens et photovoltaïques et 200 logements sont remis, chaque année, aux normes énergétiques actuelles. Des actions concrètes et visibles !

 

En conclusion, ce qui nous parait intéressant, c’est la conviction avec laquelle la population s’est saisie du projet. Certes, les élus - quelques personnes - étaient initiateurs, mais les habitants - quelques milliers de personnes - sont devenus les ambassadeurs et promoteurs du territoire du Mené. Souhaitons que, partout, la population se saisisse rapidement des problèmes de transition énergétique, dans son intérêt comme dans l’intérêt de la planète. La marmite, ça bout toujours par le bas !

 


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