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Le 14 juin dernier, le CPIE Villes de l’Artois a organisé, comme il le fait depuis près de 10 ans, la fête de la biodiversité. De nombreux partenaires avaient répondu à sa demande de constituer, dans la clairière située derrière le CPIE, une sorte de village d’associations engagées dans ce vaste domaine de la biodiversité : mobilité, commerce équitable, jardin, nature en ville, expérimentation scientifique, tri et récupération de nos déchets, il y en avait pour tous les goûts et tous les âges.

 

Cette manifestation était organisée dans le cadre d’un changement de destination de cet espace dont il reste à définir les contours dans le cadre d’un travail avec les habitants : Le maire d’Arras, Frédéric Leturque, souhaite en effet réfléchir sur ces grands espaces improductifs : ne pourraient-ils pas devenir des jardins pour les habitants des immeubles ? Le travail sera engagé en coproduction avec les habitants à la rentrée de septembre.

 

Installé au pied des immeubles, ce campement improvisé a fait descendre des habitants : des curieux, des avertis, des amateurs de crêpes, de simples badauds, des experts, des révoltés, des indifférents. Cela m’a rappelé une analyse que je vous livre de Gérard Mermet, auteur des bi-annuelles « Francoscopies ». Le sociologue explique que « les gens » sont « Moutons, Mutants, Mutins » : je m’explique.

 

Les Moutons sont des individus qui ne font pas de vagues. Ils regardent ce qui se passe autour d’eux. Ce sont des suiveurs. Ils ont le même avis que leur environnement : leurs voisins, leur parents, leurs amis. Ils pensent que l’évolution du monde est fatale et qu’on n’y peut rien changer, qu’il faut mieux suivre, faire comme tout le monde, rester dans le rang, attendre que ça se passe.

 

Les Mutants sont des passionnés de nouvelles technologies, des geek, des branchés. Ils possèdent le dernier équipement sorti des ateliers, souvent le dernier smartphone ou la dernière tablette. Ils sont intéressés par le solaire, les éoliennes, la voiture électrique et les romans d’anticipation. Ils pensent que les dernières inventions permettront de régler les problèmes de la planète.

 

Les Mutins sont par nature des révoltés, des indignés, des porteurs de banderoles. Ils pensent que la société ne s’en sortira que si elle prend elle-même le pouvoir et que les élus sont déconnectés des problèmes. Ils veulent rebâtir la société par la base. D’attitude assez radicale, ce sont parfois des « ZADistes ».

 

Il est toujours dangereux de ranger des individus dans des boites : chacun a déjà entendu des réflexions du type « fonctionnaire fainéant », « chauffeur de taxi voleur » ou « chef de gare cocu ». Reconnaissons quand même que l’analyse du sociologue est pertinente et que chacun peut se retrouver dans les descriptions de chaque catégorie. Gérard Mermet explique que nous avons tous en nous un peu de Moutons, Mutants ou de Mutins. Il explique aussi cette société diverse a autant besoin de calme que de recherche et de révolte. Car c’est la mixité de ses individus, de leurs cultures et de leurs pratiques qui fait sa richesse.

 


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