AimeTaVille

 

« La marche, c’est le frottement !» : Cette expression est celle d’une chercheuse suisse, Sonia Lavadinho, qui a publié un ouvrage intitulé "Vers une marche plaisir en ville". Cette jeune géographe y développe, avec conviction et pédagogie, l’idée nouvelle que la marche doit s’accompagner de bonheur et d’envies de rencontres. Le XXIe siècle connaît un véritable renouveau de la marche urbaine. Partout dans le monde, à des rythmes différenciés, la question de la marche revient, véritable lame de fond sociétale, sur le front des politiques urbaines. Derrière la remise en question de nos mobilités, pointent les interrogations liées à la cohésion sociale, la santé et le bien-être, la durabilité, bref, l’urbanité au sens plein du terme : comment cohabiter, comment partager l’espace, comment synchroniser nos activités, comment faire in fine pour vivre ensemble ?

 

Et pourquoi vous parlerai-je de ce livre, véritable "Boîte à outils pour augmenter le bonheur de marcher" ? Parce que la marche, déplacement doux par excellence, est bien sûr la plus belle conquête des mobilités, celle qui met surement l’individu le plus en phase avec son environnement. L'espace public est le lieu où l'on se croise, où l'on se côtoie, où l'on se rencontre, où l'on s'évite aussi parfois. Espace de la confrontation, il est aussi celui de la cohésion. L’espace public est la condition première du vivre ensemble, de la communication, du partage, du frottement consenti des individus pour faire société.

 

 Dans ses conditions, on attachera beaucoup de soin à sa qualité mais surtout à sa préservation car il est souvent menacé : un trottoir utilisé par du stationnement ou encombré de poubelles ou de panneaux publicitaires - pompeusement renommé « mobilier urbain » -, une place publique transformée en parking, sont autant de gêne à la marche, d’occasions perdues de rencontres et de vivre ensemble. A l’inverse, offrez un large trottoir protégé des obstacles, aménagez une voie piétonne, donnez aux citoyens une large terrasse bien exposée… vous y verrez vite des piétons en recherche de sérénité ayant envie de se poser. Les exemples ne manquent pas.

 

On entend bien souvent l’argument du bruit occasionné par le rassemblement des jeunes ou de la gêne occasionnée par la présence de « Sans Domicile Fixe » sur les bancs publics. On se rappelle de la polémique récente sur la neutralisation de bancs pour cette raison. A contrario, je connais un maire d’une commune de moins de 3000 habitants qui a installé près de 200 bancs dans ses espaces publics. « Quand j’installe un banc, j’ajoute un lieu de rencontre supplémentaire dans ma ville », explique-t-il.

 

Dans son livre, enfin, l’auteure explique que, en moyenne 40%, des personnes qui « montent » en ville n’achètent rien : ils y vont pour flâner, se détendre et rencontrer d’autres personnes. Cela s’entend bien souvent chez ceux qui font leur marché du samedi : ils y vont autant pour la qualité des légumes que pour les rencontres qu’ils y font … CQFD !

 
« La rue est le cordon ombilical qui relie l’individu à la société.» Victor Hugo (1802-1885)

 


Galerie d'images
2011-06-04 20.34.34.jpg

DERNIERES PUBLICATIONS